Abbaye de La sauve Majeure Pujols (47) Rocamadour Carcassonne - un paysage domestique à rendre lisible Aménagement du sentier du bourg de Bonaguil Jardin vert et blanc "Orterra", Sainte-Croix-Du-Mont (33) Site des chutes des coteaux de Gascogne (47) Site Latécoère (40)
Plan local d'urbanisme de St Geyrac (24) Etude pré-opérationnelle du centre ville de Gradignan (33) Plan de paysage de Captieux (33) Etude de réhabilitation des espaces publics du centre ville d'Aiguillon (47)
Parc de passeligne Pelissier La place de la Claire Crèche D3 La traverse d'Escource Le pôle intermodal de la Hume La traverse du bourg de Comps Base de loisirs de Neuvic sur l'Isle (24) Village d'entreprise des Molines Nord (16) Zone d'activité de Mazères (33) Le parc de la Forêt L'axe des thermes du Mont Dore
2 jours par mois / Mon paysage Languedocien Découper la terre, l'eau et le ciel
Notre atelier de paysagisme Atelier Arcadie situé à Bordeaux est spécialisée dans le paysagisme et l'urbanisme. Le paysagiste : Rôle de conseil en agencement de espace, parcs et jardins, urbanisme, territoires. Des équipes de paysagistes pluridisciplinaires dirigées par Emmanuel Prieur répondent aux problèmatiques paysagères ou urbaines . Etant basés dans Bordeaux centre ville, notre clientèle privilégiée est répartie autour de la CUB de Bordeaux (Pessac, Mérignac, Gradignan, Saint Médard...) sur les principales grandes villes de la région Bordelaise et de la Gironde 33, Arcachon, tout le Bassin d'Arcachon, Blaye, Langon, Libourne, Lesparre Médoc, Saint Emilion... Nous intervenons aussi en creation de pub ou de sites web sur les départements limitrophes, Dordogne 24 Périgueux Bergerac, Lot et Garonne 47 Agen, Landes 40 Mont de Marsan, Charente 16 Angouleme, Charente Maritime 17 La Rochelle... Grace à notre équipe de paysagistes, nous travaillons aussi maintenant en particulier en creation de site internet sur Paris 75, la Région Parisienne, toute l'Ile de France et sur tous les départements de France métropolitaine et outre mer

Carcassonne - un paysage domestique à rendre lisible

Le paysage de la cité,

« Œuvre conjuguée de l’homme et de la nature »

Notre périmètre d’investigation s’inscrit dans l’emprise de la « zone tampon » du bien UNESCO que représente la cité de Carcassonne.

L’image emblématique de Carcassonne c’est la cité. Cette notoriété engendre un poids économique conséquent pour le développement local ayant des incidences concrètes sur l’évolution des paysages. La reconnaissance internationale induit une fréquentation hors du commun détachée de son territoire (au sens de l’espace travaillé et investit par l’homme). Le développement touristique lié à l’attractivité du patrimoine s’ancre comme une dynamique d’évolution à part entière produisant un paysage nouveau.

Cette étude paysagère repose sur un regard orienté sur le Sud de la cité et le fleuve. Ce postulat impose de comprendre les populations (acteurs du territoire) qui en assurent l’aménagement et la gestion de façon durable afin d’ancrer un projet en adéquation avec la localité.

Les interactions complexes entre la valeur universelle du bien UNESCO, la valeur patrimoniale des sites classé et inscrit, et les valeurs d’usages à l’échelle locale constituent une problématique centrale du projet de paysage.

Au même titre que le monument, le paysage constitue un patrimoine culturel au sens des sites ; c'est-à-dire « œuvre de l’homme ou œuvre conjuguée de l’homme et de la nature ».

PIBOULETTE

Il y a des lieux qui marquent l’inconscient collectif.

Parmi nos rencontres depuis le début de nos investigations sur le territoire de Carcassonne nous retiendrons un lieu « Monplaisir d’été, Piboulette ». Depuis que nous rencontrons des acteurs de ce grand paysage d’Aude c’est la première fois qu’on nous parle avec insistance d’un lieu festif, vivant mais révolu. « Il y avait une guinguette sur les bords de l’Aude »…, c’était « un lieu de rencontre, de fête, de plaisirs partagés » …

 

C’est la première fois que l’on nous parle d’un usage au quotidien du paysage (des bords d’Aude). Cette dimension humaine du paysage est pertinente et essentielle à la compréhension du site de Carcassonne.

 

Nous convenons que la vie de ce lieu en particulier n’existe plus, mais c’est cette vie d’avant qu’il faut ré-inventer. C’est l’esprit du lieu qu’il faut retrouver dans une forme contemporaine (actuelle). Nous comprenons qu’il y a le lieu, le site mais surtout un attachement des gens à ce fleuve et ce grand paysage.

Piboulette est un lieu festif, le vignoble est un territoire de labeur, la ville (la bastide en particulier) doit être un espace habité. L’attachement des gens aux lieux repose sur l’expérience qu’ils en ont, ensuite vient la connaissance plus objective et les outils de projets adaptés à chaque situation.

 

Site et Opération Grand Site de France

… une chance pour renouer des liens avec le patrimoine paysager

Un site : « les abords de la cité, une relation paysage-monument »

La protection des paysages s’intéresse aux monuments naturels et aux sites « dont la conservation ou la préservation présente au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général ».

La protection du site des abords de la cité de Carcassonne se fonde sur la relation « paysage-monument ». Cette protection met en relation le patrimoine monumental de la cité avec son écrin paysager.  Elle ne donne pas une lecture directe des paysages protégés. Pourtant, il existe une réelle mémoire paysagère dans ce qui est dénommé « les abords » de la cité :

-          Le paysage de l’île d’Aude représente un appui historique essentiel puisqu’il s’agit du site d’implantation de l’ancienne manufacture royale de draps de la Trivalle à Carcassone mais également des jardins en carreaux au cœur de l’île. Disparus récemment, ces deux témoignages de l’histoire représentent un appui artistique et historique primordial pour la compréhension du patrimoine paysager des abords de la cité. C’est également des lieux qui ont marqués plusieurs générations de Carcassonnais qui ont pu y travailler jusque dans les années 50.

-          Le paysage viticole, écrin de site, recouvre un caractère pittoresque par son aspect « jardiné » tel qu’il est décrit dans l’atlas régional des paysages de Languedoc-Roussillon.

Ces deux paysages n’ont pas le même statut de protection puisque les paysages de l’île et bord d’Aude est en site inscrit alors que l’écrin viticole est en site classé. La grande différence de fond entre ces deux périmètres repose sur la mémoire du paysage de l’île d’Aude ; (paysage relictuel) et un paysage dynamique (actif) en ce qui concerne l’écrin viticole de la cité. Cette différenciation mérite attention et questionnements. En effet, la protection du paysage ne peut se concevoir sans un projet de gestion global puisque par nature le paysage évolue. Porter attention à ces paysages nécessite d’en comprendre les évolutions récentes.

Au regard de ces protections, la mise en œuvre du processus d’Opération Grand Site a permis de préciser, les caractéristiques générales des entités paysagères ainsi que les vocations à venir pour ces espaces dans la relation « paysage-monument ».

 

Notre posture de travail vise à révéler les dynamiques d’évolution et concevoir le projet de paysage comme un projet dynamique et évolutif. En quelque sorte, il s’agit de construire un état d’esprit, une démarche holistique qui crée les conditions d’une conservation inventive ; terme emprunté aux démarches de l’ICOMOS pour les biens UNESCO. Par conséquent, chaque site sera abordé dans sa relation au monument mais surtout dans ses caractéristiques propres.

 

De l’écrin de la Cité à l’écrin du Grand Site, trouver la mesure

 

Une « campagne » riche et hétérogène

Malgré une évolution majeure de la tâche urbaine, les espaces ruraux se maintiennent grâce notamment aux mesures de protection induites par les débordements du fleuve (PPRI) et aux enjeux patrimoniaux qui ont amené le classement de l’écrin de la Cité (Site Classé). Ils se composent d’éléments hétérogènes qui peuvent être répartis en trois grands ensembles : le fleuve Aude et ses rives (le parc aménagé, les rives abandonnées, les rives privatisées, les rives cultivées, les rives jardinées), la plaine agricole (le vignoble, la culture des céréales, le système de haies, le maraîchage résiduel) et le massif forestier (les puechs en belvédères sur la plaine, le Lac de la Cavayère, les forêts).

Qu’est ce qui fait système ?

Au-delà de leur hétérogénéité apparente, les liens entre le massif forestier, la plaine agricole et les rives de l’Aude sont réels : cohérence hydrographique qui se traduit également dans le relief très fin qui ondule et se creuse vers le fleuve, cohérence écologique à travers des trames vertes et bleues potentielles (en déclinaison du SRCE) et cohérence dans le mode de faire-valoir de ce territoire qui répond à une approche « domestique », comprise à la fois dans son sens économique d’échelle et de gestion familiale des terres, et dans son sens d’apprivoisement des lieux, parfois soumis aux aléas (les rives de l’Aude), avec un rapport d’attention et de soin respectueux des terres (les jardins en carreaux, les haies, les petites parcelles viticoles, etc.).

Des dynamiques d’évolution qui transforment le paysage

Maintes fois remanié, ce paysage évolue encore aujourd’hui, menaçant ses caractères pittoresques et historiques : la privatisation des rives de l’Aude remet en cause une tradition séculaire d’appropriation collective du fleuve, les remembrements du foncier viticole remettent en cause la dimension domestique des modes de faire-valoir, la mutation des cultures (céréales, peupleraies) porte atteinte autant aux conditions environnementales du site qu’au rôle social de ces espaces (maraîchages et circuits courts disparus), la faible qualité des vins produits met à mal leur devenir économique et donc leur permanence. L’enfrichement constaté sur le vignoble pose la question de la fermeture de ce paysage.

Des invariants qui définissent la valeur d’ensemble de l’écrin ?

Pour anticiper ces mutations et minimiser leur impact, il s’agit de définir collectivement les invariants qui définissent la valeur d’ensemble de ce paysage pour en faire les fondements du projet de Parc Naturel Urbain :

- une gestion domestique (le petit parcellaire, la mosaïque de cultures, la gestion individuelle et le rôle social),

- une forte attention portée à l’eau (les captages et l’irrigation, les aménagements des abords de l’Aude et le système hydrographique de la Plaine de Mayrevieille),

- un paysage ouvert (une ouverture visuelle depuis/vers la Cité, une ouverture aux activités agricoles, une ouverture aux pratiques piétonnes et cyclistes).